Les Dévoreuses

Bibliothèque féministe

Les Dévoreuses sont le pôle bibliothèque de l’association féministe La Trousse à outils.

Permanence chaque dernier mercredi du mois de 18h à 20h30 à Pol-n, 11 rue des Olivettes, Nantes

Nouvelle acquisition : Kò Mawon de Michael Roch

Comment ça se passe les achats de livres aux Dévoreuses ? Parfois c’est sur un coup de tête (ou un coup de coeur).

Récit : Nous étions une petite équipe de Dévoreuses et sympatisant.es motivé.es à coller des affiches à la sortie de la dernière permanence, en commençant par La Licorne Noire – le bar nantais au top de l’actu et des évènements afro-queer-féministes-décoloniales* – quand à peine entrée dans le bar je remarque deux personnes assises côte à côte faisant face à la salle devant une table sur laquelle sont posés des livres tout neufs et bien empilés. Évidemment je m’approche et je vois Kò Mawon de Michael Roch. Surprise, excitation, sérendipité* ! Je viens tout juste de lire Tè Mawon du même auteur, et boudu c’était bien. Il est encore posé sur mon bureau plein de post-it de citations à recopier.

Le livre est beau, texturé, au graphisme soigné comme tous les livres de la maison d’édition La Volte (qui publie entre autres Sabrina Calvo) et les libraires sont celleux de La Petite Gare, librairie rezéenne de qualité dont la sélection d’ouvrages et la programmation littéraire me met des paillettes dans les yeux. Alors je me tourne vers mon co-Dévoreuses : est-ce qu’on peut l’acheter ? silteplaitsilteplait je viens de lire l’autre livre et c’était trop bien et je pense que lui aussi il sera bien.

Il dit oui : décision actée. On achète.

*en regardant leur site pour y mettre le lien ici, mon coeur s’est brisé des évènements que j’ai raté : elles ont reçu en 2026 Fania Noël, autrice de Et maintenant le pouvoir, et Jamal Ouazzani qui a écrit Amour, deux ouvrages que nous avons aux Dévoreuses. Ne soyez pas comme moi, suivez l’actu de La Licorne Noire.

*j’ai cherché pour vous « sérendipité » et d’après wikipédia ça veut tout et rien dire – mais ça marche dans le contexte

C’est quoi Kò Mawon ?

Du coup je sais pas je l’ai pas encore lu, mais il sera dispo à l’emprunt dès la prochaine perm, vous pourrez nous laissez un mot avec vos retours 😉

Ce que je sais : c’est dans la même veine que Tè Mawon, mais ce n’est pas la suite et on peut les lire indépendamment.

C’est quoi Tè Mawon ? De la science-fiction/dystopie caribéenne, qui fait parler ses personnages à tour de rôle à la première personne, chacun.e avec leur voix et leur langue. Pour des non-locuteurices du français caribéen – comme moi – le sens de certains mots se révèle au fil de la lecture pendant que mon esprit s’ouvre aux graphies et au vocabulaire du kreyòl. Il y a de la tech transhumaniste, de la lutte des classes, des questionnements militants, des sensations, des émotions… Une citation ?

Mes taties, elles m’ont dit : si tu veux sauver le monde, tu fais en sorte qu’aucune langue n’en domine une autre. Parce que quand une langue domine l’autre, l’autre finit par lui appartenir et disparaître. Du coup on existe que si on parle, tu vois ? Alors il faut l’équilibre. Moi, j’y crois, à cette histoire d’équilibre. Faut te demander à quel moment, dans ta tête, ta langue écrase l’autre. À quel moment tu oublies que tu appartiens au monde tout entier, et à quel moment tu acceptes de t’enfermer dans une seule partie de l’humanité.

Tè Mawon, p.108, éditions La Volte

une autre citation ?

Je dépose la dernière robe. Il est bientôt Horizon 2. Le soleil sur ma peau m’apporte des bribes de dopamine. Mon régulateur fait le reste du taf. Mes émotions se stabilisent derrière les implémentations de la vwé+. Une question surgie – non pas sur la réalité augmentée, mais dans les restes des limbes de mes pensées. Ne pourrais-je pas la laisser ? Ne pourrais-je pas la quitter, Lanvil, pour quitter Lonia et tout ce qui gravite autour d’elle ? Quitter la soeur prodige. Lui laisser les territoires numériques. Se dégoûter de la traduction. Se dégoûter d’elle – non, la laisser exister sans plus se soucier de son influence.

Tè Mawon, p.87, éditions La Volte

C’est pas tout !

Je dépose le livre dans notre bureau à Pol’n. Quelques jours plus tard, Les Dévoreuses s’y retrouvent pour notre tour de ménage. Je jette un oeil à la caisse de livres à couvrir, et que vois-je ?

Tè Mawon et Le Livre jaune, deux livres signés Michael Roch. Je demande aux personnes présentes si ce sont leurs dons, si ça a un rapport avec l’achat récent… personne ne sait comment ils sont arrivés là.

Alors, comment on choisit les livres aux Dévoreuses ? Un mélange d’autogestion, de hasard et de générosité.

Page intérieur du livre Ko Mawon signé de l'auteur. Le texte dit : "Pour les Dévoreuses, aux détours et aux errances qui nous ramènent aux autre. Michael Roch".
Photos des livres Te Mawon et Le Livre Jaune de Michael Roch. Editions Le Livre de Poche et Folio un peu moche.

Écrit par Coral, Dévoreuse

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus de publications